• DVD - Atlantis (Disney)Cela faisait un petit temps que je voulais voir ce film d'animation des studios Disney. Pensez donc : de l'archéologie aventureuse, de la mythologie fantasmée, la fascination de l'Atlantide... Il devait bien y avoir dans ce film de quoi contenter la soif narrative d'un rôliste. Avec la pratique de jeux comme Hollow Earth Expedition ou Leagues of Adventure, l'envie n'en était que plus pressante. C'est donc avec joie que j'ai vu apparaître Atlantis - L'Empire Perdu dans le catalogue Netflix. Autant ne pas laisser planer le suspens, l'attente a été récompensée.

    Attention, spoil inside ! L'histoire démarre sur une scène de l'antique Atlantide et montre la chute de l'Empire et sa préservation sous les eaux. On ne comprend pas tout, mais c'est normal. On passe ensuite en 1914, à Washington DC, USA. On fait la connaissance de Milo Thatch, un jeune homme un peu naïf mais très cultivé, marchant sur les traces de son grand père Thadeus, illustre explorateur obsédé par le mythe atlante. Mais tout ce que Milo a réussi, c'est à se faire engager au Museum en tant que... chauffagiste. A force d'obstination, il a réussi à retrouver la trace d'un manuscrit qui le mènerait à l'Atlantide : le manuscrit du Berger. Mais personne ne veut financer son expédition. C'est alors qu'il est invité par un richissime farfelu, ancien ami de son grand-père, Preston B. Whitmore. Celui-ci a déjà tout prévu et a récupéré le manuscrit du Berger. Milo est engagé en sa qualité de linguiste et de cartographe pour guider l'expédition. Les moyens de Whitmore sont conséquents : une véritable armée de mercenaires et de spécialistes est mise sur pieds et se voit même doter d'un remarquable sous-marin. L'expédition s'enfonce sous les mers, affronte le Léviathan, trouve la caverne qui sert de porte à l'Atlantide et enfin l'Empire Perdu. Mais celui-ci est encore habité. L'expédition a pour but de s'approprier la source d'énergie des Atlantes, mais le fait qu'ils en aient besoin change les plans dans la tête de Milo. S'ils emportent le cristal des Atlantes, la civilisation millénaire sera perdue. Mais les mercenaires n'entendent pas s'encombrer de morale et prennent le pouvoir par la force. Milo mènera alors la fronde et récupérera la source d'énergie, s'amourachant de la princesse locale au passage, et sauvera l'Atlantide pour ne jamais revenir à la surface.

    On trouve dans ce film tous les éléments des aventures "pulp" se déroulant au centre de la terre : des décors somptueux, des personnages caricaturaux, de l'aventure avec un grand A, des technologies oubliées, une forme de magie ancienne et puissante, de l'exploration et des militaires obtus et matérialistes. On peut y voir une critique du capitalisme et du militarisme. Il sera très facile d'adapter le scénario à un jeu de rôle comme HEX ou Leagues of Adventure, bien entendu, puisqu'ils partagent une thématique identique, mais aussi à l'Appel de Cthulhu en ajoutant des éléments d'horreur et d'épouvante et en gommant peut-être le caractère sympathique des Atlantes. Il faudra sans doute éviter le côté par trop dirigiste de l'histoire, tout à fait acceptable dans un film mais moyennement apprécié autour d'une table de jeu.

    Bref, un très bon film qui ravira sans aucun doute tous les rôlistes !

    DVD - Atlantis (Disney)


    votre commentaire
  • PC - Jade Empire Special EditionIl y a des années, j'avais déjà joué à Jade Empire, un jeu d'aventure/rôle basé sur la mythologie chinoise. Je ne suis habituellement pas un grand fan d'ambiances asiatiques. Les arts martiaux ne me parlent pas vraiment et les mangas ne font pas partie de mes lectures habituelles. Mais j'avais gardé un bon souvenir des quelques heures passées à y jouer. L'éditeur EA Games, via sa plate-forme en ligne Origin, a récemment proposé l'édition spéciale de ce jeu en version gratuite à télécharger. Une excellente occasion de se replonger dans ce jeu et de voir si mes souvenirs étaient à la hauteur de la réalité.

    Dans ce jeu, vous choisissez un personnage pré-tiré dont l'orientation semble plus ou moins évidente : guerrier, sorcier, touche-à-tout... Il y a des personnages masculins et féminins, mais on ne peut pas personnaliser leur apparence. Une fois le personnage choisi, on démarre la partie dans une école d'arts martiaux dirigée par un certain "Maître Li". Assez rapidement, on comprend que l'on n'est pas un élève comme les autres. Notre personnage est doué, nettement plus que les autres élèves, et son passé est trouble. Maître Li a élevé le personnage de façon à se faire pardonner d'avoir précipité la perte de son peuple, lorsqu'il était un grand stratège au service de l'Empire, le propre frère de l'Empereur, pour être exact. Les événements vont se précipiter et on se retrouve bientôt sur la route de la Cité Impériale pour tenter de freiner les bouleversements de l'ordre naturel qui semblent orchestrés dans l'entourage de l'Empereur, jouet des organisations secrètes et des dieux... 

    Jade Empire répond parfaitement aux codes des sagas asiatiques avec son lot de mysticisme animiste, de sociétés secrètes, de pirates et d'arts martiaux. Le personnage va se développer en suivant l'une des deux grandes voies (le poing fermé, individualiste et violent, ou la paume ouverte, tournée vers autrui et l'harmonie). Au fil de votre progression, vous allez acquérir de nouvelles techniques de combat vous permettant d'affronter différents types d'adversaires (certains ennemis sont immunisés à certaines techniques). En gros, pour combattre un ennemi, vous devez dépenser des points de concentration et provoquer des dégâts, le tout à une vitesse plus ou moins grande. Attaquer avec des armes ou de la magie vous fatiguera plus que les coups de poings et les coups de pied, d'où l'intérêt de savoir se battre à mains nues. Le système de combat est donc intéressant et sert réellement l'univers du jeu (dans un autre système, on continuerait de s'armer et de vouloir porter la plus grosse armure possible, mais là, on comprend qu'il faut rester équilibré et souple). 

    Malgré le poids des années, le jeu demeure assez agréable visuellement, si toutefois on gonfle la résolution et son interface est assez simple à comprendre. On regrettera toutefois une énorme linéarité dans les déplacements (on ne peut pas sauter, on a l'impression d'avancer sur des sentiers tracés que l'on ne peut presque jamais quitter, sauf en ville - et encore) et dans le scénario. Parfois, les choix dans vos actions et dans les boîtes de dialogue vous ouvriront des chemins spécifiques (paume ouverte ou poing fermé), mais on comprend assez rapidement à quelles conséquences nous portent nos actes. L'histoire ne nous donne pas vraiment l'impression d'être très ouverte (du moins, au stade où j'en suis arrivé) : on avance un peu, on combat, on assiste à une cinématique, on discute avec les PNJs, on avance un peu, etc. Mais comme la trame globale est séduisante et l'univers haut en couleurs, on se prend à suivre machinalement son déroulement. 

    En termes d'inspiration, la campagne du jeu semble directement adaptable à L5R, voire à Qin avec quelques aménagements, mais pas du tout à Tenga, même si certains thèmes ou décors peuvent s'y rapporter. 

    PC - Jade Empire Special Edition PC - Jade Empire Special Edition


    votre commentaire
  • DVD - World of Saga, les seigneurs de l'ombreLe monde de Saga est directement inspiré des classiques de Donjons & Dragons dont il reprend sans doute une campagne. C'est un monde où les nouveaux dieux et les anciens se sont livrés une guerre sans merci. Les anciens dieux furent bannis dans les profondeurs du monde. Parallèlement à cette guerre au royaume des cieux, les peuples de Saga se sont également déchirés, mais à l'initiative des hommes, les elfes et les nains rejoignirent l'Ordre et repoussèrent les orques et les elfes noirs dans des contrées reculées. Mais une rumeur est rapportée des terres de l'ouest... La kabbale, une secte adoratrice de l'ancien dieu de la mort, Goth Azul, envoie ses agents à travers le monde en quête d'artefacts. Ceux qui rejoignent l'ombre deviennent des morts-vivants et se voient affublés d'une marque au poignet. 

    Trois héros aux origines opposées mais au destin lié se retrouvent pour empêcher l'avatar de Goth Azul de prendre la tête de la légion des ombres. Nemyt (Danielle Chuchran) est une elfe au regard bleu acier, une chasseuse de primes. Son peuple fut massacré par des orques dans le passé et depuis, elle voue une haine féroce aux "faces de porcs". Alors qu'elle abat un chaman orque recherché, celui-ci la maudit en la dotant de la marque de l'ombre. Petit à petit, sa volonté va s'amenuiser et elle finira par rejoindre la légion des ombres si rien n'est fait pour l'aider. Keltus (Richard McWilliams) est un paladin de la Prophétesse, une nouvelle déesse défendant l'Ordre contre vents et marées mais se souciant peu de la manière. Keltus est son ambassadeur, mais il va lui aussi être touché par l'ombre et sera rejeté par la Prophétesse. Une ancienne déesse récupérera le paladin mourant et lui accordera des pouvoirs de guérison. Kullimon (Paul Hurt) est un orque noir, ancien chef de la horde (un clan d'orques) défendant un certain sens de l'honneur. Il fut dépossédé de son pouvoir par son rival, souhaitant faire de la horde une bande de pillards voués à l'ombre. Le chemin des trois héros va se croiser pour le meilleur comme pour le pire, mais au fur et à mesure de la progression de leur quête, les trois aventuriers deviendront amis et apprendront à se respecter. Leur quête les mènera à travers forêts, lacs et plaines pour assister, lors d'un final un peu léger, au sacrifice qui donnera naissance à l'avatar de Goth Azul. Avatar qui sera rapidement et trop facilement défait. 

    Malgré un scénario un peu simple, on a l'impression que le monde est plus complexe qu'il n'apparaît dans le film et regorge d'excellentes idées pour un monde de jeu de rôle. Ce n'est bien entendu pas une grosse production, mais le manque de moyens ne se fait pas trop sentir à mon goût. On a d'ailleurs l'impression que la moitié des déguisements et des équipements des personnages a été récupérée sur le tournage du Seigneur des Anneaux, comme les masques des orques ou l'épée de l'elfe, par exemple. Les combats sont relativement bien rendus et les personnages ne sont pas manichéens (ils ont tous leur part d'ombre). J'ai particulièrement apprécié le pistolet nain qui lance grenades, billes ou filet, le principe des marques aux avants-bras pour signifier l'allégeance aux anciens dieux, la grande beauté sauvage de l'elfe et son passé tourmenté, la noblesse barbare de l'orque... Bref, plein de bonnes choses même si le film est généralement conspué sur le web. Pour seuls regrets, je note le combat final contre l'avatar, clairement bâclé, et le fait que la majorité des scènes soit tournée dans l'ombre, ce qui rend parfois l'image difficile à suivre. 

    Pour ma part, une bonne surprise. 


    votre commentaire
  • DVD - Black SailsDans le monde de plus en plus concurrentiel des séries télévisées, il n'y avait pas encore eu d'adaptation de l'univers de la piraterie (à ma connaissance). Black Sails vient donc combler ce vide étonnant. Son intrigue se déroule deux décennies avant les événements décrits par Robert Louis Stevenson dans son roman bien connu, "L'île au trésor". Elle met en scène les aventures de plusieurs pirates ayant en commun leur port d'attache, Nassau. Là, une jeune et jolie jeune femme à la main de fer, dame Eleanor Guthrie, dirige les affaires sous le couvert de son père, riche négociant. Les pirates écument les mers et livrent leurs prises à la famille Guthrie, qui revend le butin dans le réseau légal en se servant de marchands honnêtes en apparence. Parmi les principaux personnages de la première saison, on retrouve deux capitaines : Flint, érudit mais manipulateur, cherche à mettre la main sur l'Urca de Lima, un navire espagnol surarmé qui achemine les trésors du nouveau monde. Il est prêt à tout pour cela et il a les faveurs d'Eleanor Guthrie ainsi que d'une dame de l'aristocratie, Miranda Barlow et Charles Vane, capitaine charismatique et cruel, amoureux d'Eleanor Guthrie et hanté par des rêves étranges et des ambitions démesurées. John Silver, le personnage clé de la série, manque encore un peu de présence et on ne parvient pas vraiment à en faire un héros. C'est un touche-à-tout débrouillard et menteur, maniant le verbe avec aisance mais sans véritable fait d'arme. Il est recueilli par le capitaine Flint lors d'une prise en mer mais le trahit assez tôt avant de tenter de se racheter.

    On retrouve dans cette série les grands classiques de la piraterie : des équipages au bord de l'insurrection, les bordels dans les îles, les batailles navales, les complots et les trésors, mais pas tout à fait à parts égales. Au final, une bonne partie de l'action se déroule à Nassau et va de complot en complot. Cela manque un peu d'air du large et d'abordages sanglants (même s'il y en a).  Les réactions et attitudes des personnages ne semblent pas réalistes, même si elles sont aidées par des acteurs crédibles et de qualité. Mais c'étaient là des temps troublés et des personnes passionnées... Black Sails réussit à capturer l'âme de la piraterie de façon plus historique et convaincante que les films habituellement vénérés dans ce registre, mais il manque le souffle de l'aventure qui y est généralement associé. La série tente de surfer sur la vague de ses concurrentes en offrant de nombreuses scènes de nus et de sexe, sans que cela ne soit jamais vulgaire, mais en tournant un peu trop souvent autour du bordel de l'île, qui devient presque de ce fait le lieu principal de tournage des acteurs. Dans le cadre d'un jeu de rôle, l'organisation de l'île peut être transposée dans des jeux historiques et d'époque comme dans des univers de fantasy. Les rares scènes de combat sont assez bien réalisées, notamment l'assaut sur un navire d'escorte de l'Urca de Lima, à la fin de la première saison.  Elles peuvent inspirer meneurs et joueurs. Le personnage de Charles Vane peut devenir un méchant récurent (même si on a du mal à le détester dans la série) et celui de John Silver est typiquement celui d'un personnage à qui il arrive des bricoles et qui tente de s'en sortir. 

    Bref, j'attends la suite pour me faire un avis définitif. Je reste sur une bonne opinion, même si je n'ai pas senti les embruns me caresser le visage et le souffle de l'aventure en la regardant. 


    votre commentaire
  • DVD - Dragonheart 1, 2 et 3En 1996 sortait Dragonheart, un film d'heroic fantasy assez classique réunissant une belle brochette d'acteurs (Dennis Quaid, Sean Connery - la voix du dragon en VO, etc.) autour d'une trame éculée mais toujours efficace : celle de la lutte, puis de l'alliance, d'un chevalier et d'un dragon formant les deux facettes d'une même pièce. En l'an 2000, le film de Rob Cohen fut suivi par Dragonheart : A New Beginning, au casting nettement plus pauvre et à l'histoire moins intéressante, malgré quelques jolies trouvailles (un dragon plus jeune caché dans un monastère) qui ne sont pas sans rappeler la saga d'Eragon. Enfin, Dragonheart 3 : The Sorcerer's Curse, est sorti en 2015 et complète une pseudo-trilogie sans lien direct entre chaque film, rehaussant un peu le niveau.

    Les trois films développent des points communs, outre la présence d'un dragon et d'un héros qu'a priori tout oppose mais qui finiront pas faire cause commune (notez que dans le deuxième film, cette opposition est moins nette, voire inexistante). Dans tous les films, l'autorité féodale est perçue comme corrompue et violente, l'ordre des chevaliers vénérant l'Ancien Code est presque éteint et est remplacé par des soudards sans foi ni loi qui terrorisent la population. Le dragon est toujours garant d'une antique sagesse et sa puissance est au coeur de tous les enjeux. A priori, les trois histoires n'ont aucun rapport entre elles et ne se déroulent pas au même moment, ni même dans un lieu identique, si l'on excepte les références visuelles ou narratives faites à une Bretagne féodale. Dans le troisième opus, on se situe clairement à la lisière entre les terres bretonnes et les territoires pictes, au nord du mur. Les trois dragons s'appellent toujours "Drago" ou "Draco" (Drake en VO), mais ne sont pas les mêmes individus.

    Les effets spéciaux n'ont rien à envier aux grandes productions et les acteurs tirent toujours remarquablement leur épingle du jeu. La musique de Randy Edelman, oscillant entre l'épique et le familial, répond parfaitement à l'histoire et au ton général des trois films avec un thème principal onirique et légendaire à souhait. Les trois films ne sont en effet pas réellement des films d'action, même s'ils ne manquent pas de scènes de combat ou d'explosions, mais plutôt des films familiaux avec une jolie morale et de bons sentiments qui triomphent à la fin. En tous les cas, cela se laisse regarder et on peut facilement s'inspirer de personnages, de décors ou de détails de l'histoire pour des scénarios de Pendragon ou d'Ars Magica, voire de tout jeu d'heroic fantasy "classique".

    DVD - Dragonheart 1, 2 et 3 DVD - Dragonheart 1, 2 et 3


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique